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evaluation [2021/11/21 10:34] – [Ressources à exploiter pour continuer à réfléchir] larnaud | evaluation [2021/11/21 10:36] (Version actuelle) – [Ressources à exploiter pour continuer à réfléchir] larnaud |
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Cath cortesi // Pourquoi associer l'évaluation seulement à la mémorisation et à l'automatisation d'une capacité ? Il me semble qu'il y a d'un côté la nécessité, effectivement, d'apprendre du vocabulaire et les tables de multiplication, mais aussi d'apprendre à développer une argumentation, à démontrer un théorème, à faire preuve de créativité... Et d'un autre côté, il y a des moments de bilan, des points d'étape, où prendre conscience de ses acquis. La question est : avec quels outils le faire ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Avec qui ? Comment faire en sorte que le travail authentique prime sur le reste ?... // | Cath cortesi // Pourquoi associer l'évaluation seulement à la mémorisation et à l'automatisation d'une capacité ? Il me semble qu'il y a d'un côté la nécessité, effectivement, d'apprendre du vocabulaire et les tables de multiplication, mais aussi d'apprendre à développer une argumentation, à démontrer un théorème, à faire preuve de créativité... Et d'un autre côté, il y a des moments de bilan, des points d'étape, où prendre conscience de ses acquis. La question est : avec quels outils le faire ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Avec qui ? Comment faire en sorte que le travail authentique prime sur le reste ?... // |
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| Marlene //Le lycée organise, de façon explicite et éhontée, le travail autour de l'évaluation ( strictement mesurée -chiffrée, normée, extérieure, objective) , de sorte que cette dernière devient tacitement le seul signe probant du travail. |
| Une des tâches émancipatrices me semble-t-il consiste à redonner aux personnes le sentiment de travailler et la valeur de leur travail sans attendre son évaluation par le ou la prof. |
| "Tout ce que vous faites a de la valeur ; tout est pris en compte" c'est ce que je réponds aux lycéen.nes et étudiant.es. quand commence à apparaitre la question "c'est noté ?" |
| Lorsque les collègues, qui adhérent au lycée tel qu'il est, reformulent ma réponse, cela devient : "Tout, c'est à dire même ce qui est nul" puisque le travail n'est associé qu'à une évaluation normée, extérieure, etc. donc ma démarche dévalue le travail, et devient même mensongère, puisqu'elle fait croire aux élèves que leurs pauvres productions ont une valeur au regard de l'examen. |
| Alors que "Tout ce que vous faites"signifie "Lorsque vous vous exprimez", "Lorsque vous cherchez", 'Lorsque vous écoutez attentivement quelqu'un qui cherche pour l'aider à trouver" "Lorsque vous vous organisez", "Lorsque vous laissez des traces partageables", "Lorsque vous construisez un outil, un moment de travail pour tous"..... bref, lorsque les élèves travaillent et inventent leur travail. |
| Peu à peu, avec la question "C'est noté ?" apparait dans les yeux de l'élève, au-dessus du masque, un sourire aux valeurs changeantes (de la méfiance hostile à l'adhésion naissante). Le travail a commencé, nous avons une histoire commune, je peux moduler mes réponses : "Toute activité dans la classe mérite d'être prise en compte" "Tout est travail, même si vous n'y voyez pas du travail tel que vous vous le représentez." "Tu t'es exprimé.e au quoi de neuf ce matin, comment voudrais-tu que je le note ? et pourtant cela fait avancer notre travail puisque le livre que tu as présenté va peut-être être lu par quelqu'un.", "Un texte libre, comment veux-tu que je le note ? Et pourtant, tu te rappelles combien sa lecture a été un moment important et très littéraire". |
| Chaque année, je refonde ce système de valeurs avec les élèves eux-mêmes, à l'échelle d'un trimestre, d'un semestre. C'est fatigant, voire inconfortable ; cela fait partie du travail. Il y a toujours des moments de résistance, de méfiance et de crainte , et également des moments de questionnement et de partage des représentations sur la valeur du travail et la façon de l'écrire (la prendre en notes) . On évite au moins l'ennui, le désintérêt et le défaitisme devant le pouvoir de l'enseignante. |
| En terme d'évaluation de mon travail, cette fatigue-là me parait valoir le coup ; en tout cas, je la préfère à celle qu'occasionnerait l'élaboration d'outils perfectionnés tels que des brevets (cela dit, est-ce une intuition pédagogique ou une affaire de limite personnelle, face à la rationalité des outils normatifs tels que les tableurs ?). |
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| Je ne réponds donc pas ici en terme d'outils, de documents d'évaluation. |
| Chaque outil doit s'adapter à la main qui le manie et dans l'idéal, ce serait à l'élève de le fabriquer. En tout cas, j'essaie d'année en année, d'alléger le plus possible les outils (peut largement mieux faire !), et de le faire apparaitre le plus possible au ras et après le travail fait, pour que ça ne soit pas l'outil d'évaluation qui modèle le travail à faire, mais que l'outil soit là, uniquement pour sa fonction première : rendre compte de la valeur du travail fait, et aider à communiquer, en toute justice, cette valeur.// |